top of page

L'UNIVERS DE ZOÉ TIMIDANT

" Longtemps, je n'ai pas pensé que j'écrirais des romans.

J'ai pourtant toujours écrit. Des lettres aux gens que j'aimais lorsque j'étais enfant. Des journaux de bord à l'école. Des carnets intimes. Puis quelques tentatives de romans abandonnées en chemin, faute de me sentir légitime.

 

Les livres sont arrivés bien avant l'écriture. Des études de lettres, des lectures innombrables, mais surtout une curiosité constante pour les êtres humains. J'ai toujours aimé observer. Écouter. Essayer de comprendre ce qui rapproche les gens, ce qui les éloigne, ce qu'ils se disent et, plus encore, ce qu'ils taisent.

Enseignante de littérature depuis de nombreuses années, je passe mes journées entourée d'adolescents. J'aime croire que je leur transmets autant qu'ils m'apprennent. Leurs questionnements, leurs enthousiasmes, leurs inquiétudes et leurs contradictions sont une fenêtre précieuse sur le monde qui vient. Chaque jour me rappelle que l'être humain change beaucoup moins qu'il ne le croit et que les grandes questions qui l'animent traversent les générations.

Mon premier roman, Le Bruit des vivants, est né à une période où, paradoxalement, rien ne manquait à ma vie. Je faisais le constat que j'étais entourée de beauté, d'amitiés solides, d'une famille aimante et d'un métier qui me passionnait. Pourtant, quelque chose demeurait vide. C'est dans cet espace que l'écriture s'est installée. Non comme un projet de carrière, mais comme une évidence silencieuse.

Les liens familiaux occupent une place centrale dans mes romans parce qu'ils sont les premiers à nous façonner. Nous ne choisissons ni notre nom, ni notre histoire, ni les blessures ou les richesses qui nous sont transmises. Mais nous pouvons choisir ce que nous en faisons. J'aime explorer cette frontière entre héritage et liberté, entre ce qui nous construit et ce dont nous décidons de nous affranchir.

Avec l'âge, je suis devenue plus exigeante envers les êtres humains. Je suis touchée par celles et ceux qui cherchent à se connaître eux-mêmes avec honnêteté. Ceux qui acceptent leurs failles autant que leurs qualités. C'est peut-être pour cela que la vieillesse occupe une place particulière dans mes histoires. J'y vois parfois une forme de vérité, lorsque les masques deviennent trop lourds à porter.

J'écris des romans parce que les histoires sont, à mes yeux, l'une des plus belles façons de comprendre l'humain. Elles permettent d'observer sans juger, de ressentir sans expliquer, de reconnaître chez l'autre quelque chose de soi-même.

Si j'arrive à transmettre une émotion à mes lecteurs, alors j'aurai tout gagné..."

Zoé Timidant

Zoé Timidant - Tous droits réservés

bottom of page